D’un champion anti-gaspillage alimentaire: Getty Stewart
Voici Getty Stewart, économiste domestique, ambassadrice de JMPG et notre championne du mois dans la lutte contre le gaspillage alimentaire.
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- Parlez-nous un peu de vous. Qu’est-ce qui a déclenché votre passion pour l’éducation alimentaire et l’économie domestique?
J’ai grandi dans une ferme du Manitoba où rien n’était gaspillé. Nous avions un immense jardin et il était normal de manger des produits frais et de saison et de conserver ce que nous pouvions. Au secondaire, j’ai eu l’occasion d’accompagner des économistes domestiques professionnelles dans le cadre d’un programme travail-études et j’ai adoré la façon dont elles rendaient les compétences quotidiennes pratiques et accessibles. Peu après, j’ai déménagé en ville pour étudier l’écologie humaine et les sciences de l’éducation à l’université du Manitoba, jetant ainsi les bases de ma carrière en éducation alimentaire. - Qu’est-ce qui vous a poussée à lancer GettyStewart.com et quelle était votre vision?
Tout a commencé avec des pommes sur le trottoir. Alors que je me promenais avec mes enfants, nous avons vu des sacs et des sacs de pommes en parfait état empilés à côté de la poubelle, destinés à la décharge. Cela m’a brisé le cœur et m’a poussée à créer Fruit Share, un groupe de bénévoles qui récupérait les fruits dans les jardins des particuliers pour les partager entre les propriétaires, les cueilleuses et cueilleurs bénévoles et une association à but non lucratif qui pouvait utiliser ces fruits frais. Au cours de ses dix années d’existence, Fruit Share a récupéré près de 45 000 kg de fruits. Cela m’a également fait prendre conscience du nombre de personnes qui ne savaient pas comment cueillir, utiliser ou conserver nos fruits locaux. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à écrire, à donner des conférences et à enseigner sur les aliments locaux et de saison. C’est aussi là que j’ai écrit mon premier livre, The Prairie Fruit Cookbook, et lancé le site GettyStewart.com afin de partager des recettes et d’aider les gens à cuisiner, à conserver et à déguster des aliments de saison tout en réduisant le gaspillage. - Comment définissez-vous la « cuisine de saison » et pourquoi est-elle importante?
La cuisine de saison consiste simplement à laisser les produits de saison guider vos repas. L’utilisation d’aliments frais cultivés localement me pousse naturellement à varier ma nourriture, à la rendre plus savoureuse et à me connecter aux cycles naturels de ma communauté et de mon écosystème. Cela me rend plus consciente des personnes qui cultivent ma nourriture, des ressources nécessaires et des histoires derrière chaque récolte. Pour moi, c’est plus que ce qu’il y a dans l’assiette; il s’agit de rester connectée à la terre et aux personnes qui nous nourrissent. Quand vous avez ce sentiment d’appartenance, gaspiller de la nourriture n’a tout simplement pas de sens. - Quel rôle joue la réduction du gaspillage alimentaire dans votre travail et vos messages?
La réduction du gaspillage alimentaire est le prolongement naturel de mon travail. Être consciente des efforts et des ressources nécessaires à la culture des aliments me donne envie de respecter chaque bouchée, même celles qui sont difformes ou « imparfaites ». Mon objectif est d’aider les gens à choisir, à conserver et à savourer leurs aliments afin que rien ne soit gaspillé. - Comment élaborez-vous des recettes et des conseils alimentaires pour votre public?
Je commence par les produits de saison et je cherche des façons simples pour que les cuisinières et cuisiniers amateurs puissent les utiliser ou les conserver. Je veux créer des recettes qui mettent en valeur le meilleur des produits de saison et qui donnent envie aux gens de les déguster chaque année. - Quel est le mythe alimentaire que vous aimez démystifier?
Les « astuces » imprudentes sur les réseaux sociaux. Des choses comme conserver les avocats dans l’eau, congeler les petits pois sans les blanchir ou faire de l’huile d’ail à la maison. J’aime autant que tout le monde les bons raccourcis, mais pas au risque de contracter une maladie d’origine alimentaire. Je préfère que mes astuces et mes conseils soient basés sur des preuves et des pratiques sûres. - Avez-vous eu des moments de révélation dans la cuisine qui ont changé votre façon de cuisiner?
Oui, quand j’ai appris à cuisiner avec des poêles et des casseroles en fonte. Une fois que j’ai compris comment les assaisonner et les utiliser correctement, je ne suis jamais revenue en arrière. Ce sont mes outils de cuisine préférés et ils rendent la cuisine très agréable. - Avez-vous de nouveaux projets, livres de cuisine ou collaborations en cours?
Je suis ravie de travailler avec « J’aime manger, pas gaspiller », car cela correspond parfaitement à ma mission. Je présente également mon nouveau livre sur les salades estivales et je continue à collaborer avec des productrices et des producteurs locaux pour mettre en valeur les aliments canadiens de saison. - Comment voyez-vous évoluer le rôle des économistes domestiques dans le paysage alimentaire actuel?
Avec autant de désinformation en ligne, les gens ont besoin de conseils fiables et pratiques. Les économistes domestiques sont bien placé·e·s pour fournir une éducation alimentaire crédible et fondée sur des preuves. Nous devons simplement nous rendre plus faciles à trouver! - Y a-t-il autre chose que vous aimeriez partager avec notre lectorat?
La nourriture nous relie les un·e·s aux autres, à la terre et à nos communautés. Mon souhait est d’inspirer les gens à apprécier leur nourriture, à en profiter pleinement et à gaspiller moins.
- Parlez-nous un peu de vous. Qu’est-ce qui a déclenché votre passion pour l’éducation alimentaire et l’économie domestique?
